Assurer son alimentation en situation de survie

Se nourrir avec des plantes et des insectes

Etre capable de prioriser ses actions et garder son bon sens reste l’unique conseil à retenir en survie, cela semble évident mais il est souvent difficile de l’appliquer en situation extrême. On a souvent tendance à penser que la chasse est la meilleure approche pour collecter de la nourriture car cela induit de la viande (protéine) et une substantielle quantité d’apport nutritionnel. Sauf qu’en réalité si vous êtes manque d’énergie autant déjà économiser et conserver celles que vous possédez! il est totalement illusoire de croire en la capture de proies quelques soient leurs tailles sans aucunes expériences en la matière. Posez quelques collets en espérant qu’ils fonctionnent mais la traque ne sera pas la réponse à l’urgence nutritionnelle.

 

D'autant plus que la plupart des situations de risques immédiats ne se passeront pas dans des lieux totalement désertiques et dénués de populations, sentiers de randonnée, parcs naturels ou montagnes fréquentées par des sportifs. Les instructeurs ou les survivants vous diront qu’il faut bien souvent ne plus bouger en attendant que l’on signale votre disparition et ils ont raisons car vous aurez forcement prévenu un proche en lui indiquant la durée approximative de votre activité. 

 

Dans ce cas le triptyque garde son sens, assurez-vous d’avoir de l’eau, fabriquez votre abri et collectez ce qu’il y a autour sans trop vous éloigner de votre campen respesctant l'odre suivant:

  1. Végétaux et insectes
  2. Pièges, collets, trappes
  3. Pêche, chasse

La nourriture végétale

Vous pouvez collecter dans votre environnement des végétaux comestibles, bien sûr cela nécessite soit une connaissance en botanique soit une préparation au préalable sur les espèces végétales comestibles de la zone de l’activité. Vous avez beaucoup à gagner de pouvoir collecter en toute quiétude car il ne sera pas possible de se passer de nourriture pendant plusieurs jours...

 

Dans les premières 48 heures, votre organisme s’auto alimentera avec les protéines, glucides, lipides et sels minéraux qu’il a en réserve, cette étape selon l’individu peut s’allonger de 24 heures. Hormis une sensation de faim, le ventre creux et une perte de poids il n’y aura rien à signaler. Vous alternerez « coup de pompe » et regain d’énergie. L’important dans cette étape est l’apport en eau, pour rappel la règle commune est 3 jours sans boire et 30 jours sans manger, au-delà cela entraîne la mort bien sur cette règle peut varier selon l’individu. La difficulté au-delà de 48 heures est la prise de conscience de l’organisme qu’il n’y aura pas d’apport nutritionnel extérieur, il puisera alors dans les graisses et ensuite dans les muscles.

 

"Vous disposerez de tous vos moyens pendant les premières 48 heures, il sera donc impératif de mettre en place toutes les actions de gestion de risque"

 

La nature peut répondre à la plupart de vos besoins nutritionnel dans la mesure où vous êtes capable d’identifier les végétaux comestibles. Les plantes peuvent vous nourrir, vous soigner et vous abriter. Elles sont une fabuleuse source de survie car elles sont abondantes et faciles à trouver, bien combinées elles combleront tous vos besoins, comme par exemple les orties très riches en protéines. Le danger réside alors dans leurs identifications afin de pas les confondre avec des espèces très proches dans la forme mais très différentes dans la composition. Eviter l’intoxication accidentelle demande un examen minutieux de la plante, certaines espèces se distinguent par de petites différences de formes ou de couleurs. Le stress et la fatigue peuvent aussi être sources d’erreurs. Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à utiliser le Test Universel de Comestibilité (TUC) pour identifier les comestibles et les toxiques.

 

Si vous avez des doutes et avant d’utiliser le TUC, vous éviterez les plantes présentant les caractéristiques suivantes :

  • Sève laiteuse ou colorée
  • Graines ressemblant à des fèves, bulbes, ou graines à l’intérieur d’une gousse
  • Goût amer ou de savon
  • Épines, poils fins ou aiguillons
  • Feuillage ressemblant à celui du persil, de l’aneth, de la carotte ou du panais
  • Odeur d’amande dans les parties ligneuses et les feuilles
  • Épis renfermant des ergots roses, violacés ou noirs
  • Feuilles groupées par trois

En vous servant de cette liste de caractéristiques potentiellement dangereuses, vous sélectionnerez les plantes éligibles au TUC, cela vous permettra également de ne pas les manipuler et minimiser les risques de dermatites. Les glands et certains rhizomes riches en tanin ont un gout très amer, ils peuvent être difficiles à digérer et occasionner des douleurs gastriques. Si vous n’avez pas d’autres choix et qu’ils constituent votre seule ressource, vous avez tout de même la possibilité de les manger après les avoir broyés et les rincés abondamment. L’idéal étant de les faire bouillir en changeant l’eau à plusieurs reprises. Quelques soit la plante que vous ingérez si vous avez une sensation de brûlure ou d’irritation, il est probable que le végétal contienne de l’acide oxalique, Il vous reste alors qu’une solution pour vous en nourrir, c’est d’en faire une décoction, la chaleur de l’eau en ébullition détruira les cristaux.

 

Dans la grande majorité des cas et si vous en avez la possibilité ne mangez aucune plantes ou fruits crus, la décoction vous apportera bien être et sensation de chaleur mais elle assainira également les végétaux et facilitera leur digestion.

 

Le test universel de comestibilité

Les végétaux sont composés de parties comestibles et de parties toxiques. D’autres sont comestibles qu’à certaines périodes de l’année ou à un stade bien précis de leur évolution. La multitude des espèces complique leur identification et augmente grandement le risque d’erreur pouvant provoquer de grave malaise, des troubles internes très sérieux et même la mort. Le TUC permet d’affirmer ou d’infirmer vos premières sélections.

 

Pour le test, assurez-vous d’avoir accès à une quantité suffisante de plantes pour que le résultat soit probant. Il faut plus de seize heures pour soumettre chaque organe d’une plante (racines, feuilles, fleurs, etc.). Souvenez-vous enfin que la consommation excessive de végétaux peut provoquer des diarrhées, des nausées et des crampes ou bien une constipation compliquant à moyen terme votre situation. Il faudra en consommer avec modération. 

 

Déroulement du TUC

  • Séparez les principaux organes, feuilles, tiges, racines, bourgeons et fleurs
  • Décelez toute odeur forte ou acide ou d’amende
  • Commencez le test d’intoxication (15 minutes) par contact en plaçant un morceau du végétal sur une face intérieure, coude, poignet…observez la réaction
  • Prenez un nouvel échantillon du même organe et cuisinez-le de la façon dont vous allez le manger
  • Portez l’échantillon sur la surface extérieure de votre lèvre, observez la réaction. S’il n’y a aucune réaction, brûlure ou démangeaison après 3 minutes, placez l’échantillon sur votre langue pendant 15 minutes
  • Si vous n’avez aucune réaction, mâchez-le sans l’avaler et gardez-le dans la bouche pendant 15 minutes
  • S’il n’y toujours aucune sensation de brûlure, démangeaison, engourdissement, piqûre, ou autre irritation après le délai, vous pouvez l’avaler
  • Si vous ressentez un malaise dans les huit prochaines heures, faites-vous vomir et buvez beaucoup d’eau
  • Sans aucune réaction vous pouvez ingérer un quart de tasse (50 ml) du même organe, préparé de la même façon
  • Âpres encore 8 heures, s’il n’y a définitivement pas de malaise, vous pouvez manger l’organe ainsi préparé, sans danger

Les algues marines et d’eau douce

Parfois gluantes et nauséabondes les algues sont une source non négligeable de nutriments. Elles ont la fonction de servir de filtres naturels dans leur élément et sont de véritables réserves d’iodes, de vitamines C et de différents minéraux. Mais attention, elles peuvent également contenir des éléments nocifs et provoquer des diarrhées sans une consommation modérée. Il faut avant toute chose prélever des algues encore vivantes encore vigoureusement accrochées aux rochers, les autres sont à bannir.

 

Pour les consommer tout va dépendre de votre urgence nutritionnelle, l’idéal est de les faire sécher et de les broyer pour une consommation en bouillon, cette méthode est longue mais très efficace. Lorsqu’elles sont épaisses, vous pouvez les faire cuire afin de les manger croustillantes ou en faire des décoctions, quel que soit votre méthode elles ne sont pas exemptes de TUC

 

La préparation des plantes

Au-delà de l’aspect purement nutritif comment consommer les plantes sans avoir envie de tout recracher, le bon gout est aussi important pour le moral qu’un abri étanche. A peu près toutes les très jeunes pousses se consomment crues car elles ne sont pas encore autant chargées en éléments toxiques que les plantes matures. Tous ce qui « verts » : les feuilles, tiges et les bourgeons tendres se font bouillir pour qu’ils soient plus tendres et plus digestes, en changeant l’eau au besoin pour supprimer le goût amer. Les glands, les bourgeons plus matures chargés en tanin ou en sève comme ceux des sapins nécessitent un lessivage (écraser et laver) avant d’être ébouillantés, vous pouvez également les améliorer, si vous le pouvez en les rôtissant au feu. Faites bouillir, cuire ou rôtir les tubercules et les racines cela détruira les oxalates des racines. Les graines peuvent être consommées crues lorsqu’elles ne sont pas encore à maturités car elles sont encore tendres sinon transformées-les en farine et selon la quantité faites du pain (comme le pain azyme). La sève de nombreux arbres, comme l’érable, le bouleau, le noyer et le platane, contient du sucre, en portant à ébullition votre récolte, vous pouvez obtenir un sirop, toutefois il faut 30 kg de sève pour un litre de sirop. 

 

Nicolas MATHIEU, extrait du "Guide du voyageur autonome"

 

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