La culture Off THE GRID

De la sobriété heureuse à la culture OFF THE GRID

Éteindre pour être mieux éclairé

Et si nous devions appuyer sur le bouton stop ou débrancher le dernier plug nous connectant à un réseau de consommation, de besoins fictifs et d'absolues abondances ? Plusieurs milliers de kilomètres nous séparent de nos cousins américains, mais pourtant en quelques années nous avons assisté à la naissance d'une culture et d'un mouvement parallèle que seul le peuple peut imposer. Une culture fondée sur un principe de vie plus simple et plus local. 

 

A la lecture des premières lignes de l’édito, vous pourriez vous dire qu'il s'agit encore d'une énième plainte antisystème, pointant du doigt la voracité d'un capitalisme débordant d'argent que seul une poignée de super nantis se dispute, et en cela il n'y aurait rien de nouveau ! C’est vrai et chacun est libre d'y apporter son jugement. Je vous propose plutôt de faire les premiers pas sur un long chemin où vos certitudes pourraient évoluer dans une infinie palette de nuances à travers la culture "Off the grid" made in USA et le principe de "sobriété heureuse" à la Française. Très proche et à la fois diffèrent illustrant parfaitement nos rapports avec les cousins d’Amériques. 

 Eustace COWEN, Pierre RABHI, Mason, Lynx VILDEN
Eustace COWEN, Pierre RABHI, Mason, Lynx VILDEN

Mais de quoi parle-t-on ?

La culture Off the grid, littéralement "Hors réseau" est complètement à contre-courant, un choix affirmé de sortir du système et d'opérer un grand retour en arrière afin ne plus laisser de traces et minimiser l'impact de l'activité humaine sur la nature. En quête d’autosuffisance, ils apprennent à se réinventer aux grès des besoins : tantôt  agriculteur, charpentier, instituteur ou mécanicien… dans le but ne plus dépendre pour les plus radicaux d'un système fournissant eau, électricité, pétrole aux prix de sacrifices exorbitants pour notre planète et exploitant la vie humaine. Une façon d'être personnellement plus responsable de son énergie, de son eau et de ses déchets. 

 

Qui sont-ils, des marginaux et des excentriques ?

Je ne crois pas, Ils représentent un réel échantillon de la société américaine et parmi eux vous trouverez autant d’ingénieurs, de médecins, que de jeunes étudiants ou d’ouvriers. C’est justement cette diversité qui fait leur force et assure la continuité de la culture. Ils sont déconnectés du réseau et vivent parfois dans des lieux isolés mais pour autant, ils constituent une réelle communauté avec des rassemblements annuels qui leur permettent de tisser des liens. C’est une vie sans doute plus dure car ils ont tout à créer mais à la fois plus douce grâce à des relations communautaires sans artifices.  Ils s’inscrivent tous dans l’ADN des Etats Unis, des premiers pionniers, une multitude de personnes d’horizons différents avec un objectif commun. Depuis plus 15 ans la culture « off the grid » se développe aux USA et leur nombre s'élèverait à près d’un millions*. 

 

« Alors, des marginaux certainement pas ! Excentriques peut-être ! Ce qui est sûr, ils ont un brin de folie, la folie de vivre leur rêve ! »

 

Qu'en est il en France ?

Il ne serait pas possible de reproduire cette méthode de vie,  premièrement car ne disposons pas d’étendue aussi vastes et sauvages que celles des Etats-Unis et deuxièmement, c’est  totalement illégal. Cependant,  nous sommes également un peuple épris de liberté et nous ne pouvions pas en rester là !

 

Des actes moins extrêmes, moins visibles mais tout aussi percutants ! Les exemples et les expériences sont nombreux, il suffit d’inscrire « principe de décroissance » « alternative décroissante » dans un moteur de recherche pour tomber sur une multitude d’articles et se rendre compte qu’en France comme dans beaucoup d’autres pays qu’il s’agit d’un réel sujet de fond. La sobriété heureuse est un terme utilisé par « Pierre Rabih » pour redéfinir et replacer l’humain au cœur de son existence.  Il figure parmi les théoriciens de la décroissance et critique un certain côté de la modernité transformant l’homme en un simple consommateur effrénés de possessions tout en détruisant la nature. Le principe est simple, cela  consiste à réduire volontairement sa consommation et de se recentrer sur l’indispensable.

 

En 2007 et sous son impulsion, le mouvement « Colibris » s’engage dans une réforme de fond avec un seul but, la construction d’une société écologique et humaine. A l’initiative de la création du hameau des buis dans le sud de l’Ardèche, une nouvelle génération d’éco village, entièrement conçu de manière bioclimatique d’une cinquantaine habitants, doté d’un centre de formation, d’un  collège, d’une ferme, d'une boulangerie. Un pas vers un changement concret est entamé, un observatoire de ce que pourrait-être une vie plus simple et recentrée.

 

Tout n’est donc pas perdu,  il existe encore des êtres réfléchis, posés et structurés pour vivre leur idéal et ne pas se contenter d'en parler, comme le dirait un cousin américain « they walk their words » littéralement ils « marchent leurs mots ».

 

Nicolas MATHIEU

 

*Estimation 2011


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