Un voyageur au long cours ...

Interview de Lionel CIECIURA

Lionel, tu es l’auteur du livre « Et si c’était mieux là-bas ? » aux éditions Chloé du lys. Avant d’aborder le thème de ton récit, j’aimerai que tu me parles de toi, comment te définis-tu aujourd’hui ?

Aujourd'hui, j'ai une famille, je vis à Toulouse et je suis commerçant ; j'ai une société d'import-export. C'est un métier que je fais par passion et qui me permet de bouger pas mal. Je ne suis plus un « voyageur au long court » et on ne peut plus vraiment me qualifier « d'aventurier », mais je doute partir un jour en club « all in » ou en voyage organisé. J'ai toujours la passion du voyage, de la découverte de l'autre? quand je pars, c'est avec un petit sac, je ne réserve rien à l'avance, je laisse toujours une place à l'imprévu... à l'aventure !

Interview de Lionel CIECIURA

Que raconte t'on livre ?

C'est une autobiographie qui se lit comme un récit d’aventure, j'y livre mes observations sur les pays que je traverse, c'est aussi le récit du passage d’un jeune garçon à l’âge adulte qui portait sur le monde un regard naïf et émerveillé. En 1988, un événement me fait frôler la mort et ma vision de la vie ne sera plus jamais la même : je décide de vivre sans contraintes et suivant ma seule volonté. Je travaille pour gagner un peu d'argent puis m’envole pour l’Asie. Le voyage durera quinze ans... les derniers hippies en Inde, les hauts plateaux tibétains, les rudes trekkings au Népal. Je découvre la vie simple sur des îles paradisiaques, et celle plus dangereuse dans les jungles birmanes et laotiennes parmi les tribus primitives, les rebelles aux combats oubliés et les trafics en tout genre.

 

Je raconte comment j'apprends à m’adapter, y compris à déjouer les pièges de la corruption et de la violence dans certains pays. Je parle de l’envers du décor, de ce qu’un touriste ne vivra et ne verra jamais. J’ai vécu intensément comme je le souhaitais. Il y eu beaucoup de joies, du danger, des filles, des fêtes...

Interview de Lionel CIECIURA
Interview de Lionel CIECIURA

Ton parcours est ponctué de nombreuses anecdotes peux tu nous décrire les deux plus surprenantes  ?

Il y en a 300 pages et j'ai eu beaucoup de mal à les sélectionner... j’ai échappé à un accident d'avion en Indonésie,  à une attaque à main armée au Cambodge, j'ai négocié un contrat de trois millions de dollars en Inde, j'ai joué dans un film de guerre au Vietnam... Tu vois, c'est assez riche, mais il y en a plein d'autres !

L’aventure pour toi c’est quoi ? Est-ce forcement loin ?

Interview de Lionel CIECIURA

J'aime la définition que tu en donnes : « Entreprise comportant des difficultés, une grande part d'inconnu et dont la réussite est aléatoire ».

 

Non, il n'est pas nécessaire de partir loin ; je suis parti l'an dernier avec mon fils de dix ans en autonomie complète pendant huit jours dans le parc des Encantats (Pyrénées espagnoles). Suivant ta définition, on est en plein dedans !

 

C'est vrai que je me sens parfois un peu à l’étroit en Europe, tout est si réglementé aujourd'hui... Il n’y a plus beaucoup de place pour le rêve ou l’aventure dans nos sociétés trop bien administrées.

 

Mais l'aventure, tient aussi à ta manière de réagir à ce qui t'arrive. Tu engages la conversation avec telle personne plutôt qu’avec une autre, tu frappes à cette porte ou à celle-là, tu prends à gauche ou à droite et ton destin change du tout au tout ! Il faut savoir saisir la chance quand elle se présente.

 

Par une des citations de ton livre "le voyageur ne sait pas où il va et le touriste ne sait pas où il est " Exprimes tu une sorte de banalisation du tourisme au point que certain en oublie l’essentiel dans le voyage, c’est dire une certaine école de l’autre ?

Pour moi, tu sais... chacun voyage comme il le souhaite ! En ce qui me concerne, ce sont assurément les rencontres humaines qui prévalent, même si les paysages, l'architectures, la cuisine, la musique, les ambiances, etc. restent importants. Si on veut comprendre la vie du voyageur, il faut accepter l'idée que le facteur temps n’existe pas. On se laisse guider par le hasard des rencontres. On reste à un endroit une semaine, un mois ou plus ; c'est là à mon sens qu'est la différence avec le touriste parce que la manière de vivre et de voir les choses est complètement différente, sans parler du rapport avec les gens du pays : tu n'es pas un touriste de passage, tu te fais des amis, tu apprends leur mode de vie, de pensée, ce qui les fait rire, pleurer...

Recommencerai tu  ou as-tu définitivement trouvé ce que tu cherchais ?

Je ne cherchais rien en particulier sinon l'aventure et l'adrénaline qu'elle procure, la découverte de cultures, de modes de vie et de pensées différents... J’ai eu la chance de voyager à cette époque où l'on pouvait facilement se retrouver dans des coins reculés, rencontrer des tribus primitives, des groupes rebelles oubliés au milieu de la jungle. Quand j'y repense, il est clair que je la recherchais, je la provoquais parfois ; il suffisait qu'on me dise « ne va pas là, c'est risqué » ou « évite ce quartier dangereux, cette région trop retirée ou ces gens qui ne semblent pas clairs… » pour que cela exerce sur moi un irrésistible magnétisme. J’y trouvais un parfum d'aventure, de piraterie.

 

En tout cas, j'ai trouvé le bonheur et une vraie richesse !

Merci Lionel pour avoir accepté de te prêter au jeu de l'interview, pour ceux qui veulent en savoir plus sur un voyage de quinze longues années, vous pouvez découvrir le site et le lien  vers le livre « Et si c’était mieux là-bas ? » aux éditions Chloé du lys !


Écrire commentaire

Commentaires : 0