Notre Héritage alimentaire

Notre héritage alimentaire, CE QUE NOUS LAISSERONS !


Je débuterai cet éditorial par un principe bouddhiste, celui de « l'interdépendance », c'est à dire une relation figeant l'interaction entre tous les éléments de la nature et le fait qu'ils dépendent des uns des autres pour exister. Cette caractéristique de l'existence selon la philosophie bouddhiste affirme que rien ne dispose d'une existence indépendante et réelle par elle-même (le non-moi). Un monde connecté, non pas par des réseaux sociaux ou une quelconque technologie, mais bien par des interactions entre les individus dans une relation de cause à effet. Mais n'étant pas bouddhiste, je stopperai mes divagations sur ce sujet car mes connaissances en la matière restent superficielles.

 

Mais l’interdépendance est bien plus complexe et ne s’arrête pas aux portes de la philosophie  extrême-orientale. Elle est aussi un concept économique développée par des politiques économiques de libéralisations liant les principaux acteurs mondiaux et leurs pays satellites ou les actes et décisions des uns auront des conséquences sur tous les autres selon la théorie des ailes du papillon. Émerge alors le principe de « l’interdépendance positive » où les participants doivent prendre conscience que le projet commun dépasse les possibilités d’un accomplissement individuel.

 

A l’évidence, aucune de nos actions ne sont totalement libres et indépendantes des autres. Nous sommes un monde interdépendant, nous respirons interdépendant, nous consommons interdépendant  et nous mangeons interdépendant

 

Ce qui m’étonne le plus est la non prise de conscience collective à ce simple principe et notamment au sujet de notre alimentation. Dés les premiers mots de cet article la population mondiale atteint les 7 413 220 040 d’individus. Nous sommes le 03 Avril et il est à 14h30,  plusieurs familles pleurent déjà leurs 99 813 morts quand d’autres célèbrent les 137 983 naissances de ce milieu de journée. Bien sur l’émergence de ces nouvelles âmes bâtisseuses du monde de demain est en soit une bonne nouvelle car elles assureront la continuité de notre espèce. mais il faut savoir qu’au cours du 20e siècle grâce aux bénéfices des progrès majeurs durant la seconde révolution industrielle, la population mondiale est passée de 1,65 milliards à 6,13 milliards avec une nette accélération depuis les années 70 représentant quasiment 40 % de cette croissance. Tous ces progrès techniques liés à l’amélioration de notre alimentation afin de réduire les inégalités et améliorer le quotidien sont à l’évidence des nobles causes, mais notre engouement pour chaque pas réalisés vers le progrès et le confort, nous a éloignés un peu plus de la réalité du besoin alimentaire. Ainsi pour la toute première fois dans l’histoire de l’humanité, un grand nombre d'individus se sont mis à absorber au quotidien plus de calorie qu’ils en consomment lorsque certain souffre de mal nutrition. Bien qu’il reste encore beaucoup de progrès à réaliser pour réduire les inégalités alimentaires dans le monde. La tendance est sur une courbe en forte amélioration et l’on peut que s’en féliciter. Cependant en 2050 la population mondiale atteindra un peu moins de 10 Milliards d'individus alors que notre système d’exploitation est quasiment au maximum de sa production actuelle et que que les impacts environnementaux des systèmes agricoles et alimentaires actuels sont élevés.

 

"Nous faisons donc face a deux failles: résoudre les problèmes de faim et de mal nutrition et  anticiper les besoins alimentaires des générations futures"


La FAO (Food and agriculture organization) prévoit que si les habitudes alimentaires actuelles persistent il faudra produire 60 %de nourriture en plus d’ici 2050.  Cette augmentation attendue de la production ne peut être qu’assurée d’une manière durable du point de vue environnemental compte tenu des pressions exercées sur les écosystèmes de la planète.. De plus si nous ne parvenons pas à augmenter la production de denrées alimentaires comme prévu, plus de 300 millions de personnes risquent encore d’être touchées par la faim chronique dans les pays en développement en 2050, principalement faute d’accès à une quantité suffisante de nourriture

  

Pour «déjouer les pronostics» nous devons prendre des décisions politiques audacieuses qui auront des répercussions sur les schémas de croissance des revenus, l’évolution des préférences alimentaires, les niveaux de gaspillage et la façon d’utiliser la production agricole à des fins non alimentaires. Une réforme importante de la gouvernance des systèmes agricoles et alimentaires permettra d’assurer l’application de ces décisions politiques. Tout dépend des choix que nous faisons aujourd’hui en matière de gestion des systèmes agricoles et alimentaires.

 

 

Nicolas MATHIEU

fao faim dans le monde

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