Les différents terrains: Terrains enneigés ou glacés

Progression sur terrains enneigés

Le climat change en fonction de l'altitude et du relief, il peut évoluer en quelques minutes du grand soleil au véritable déluge. Ainsi, même l'été, il peut y avoir de violentes tempêtes de neige avec des températures négatives ou un violent orage accompagné de pluies diluviennes. L'amplitude thermique peut également se révéler impressionnante puisqu'elle peut atteindre 30°C. Si le mauvais temps commence à s'installer mieux vaut redescendre rapidement dans la vallée ou au refuge le plus proche mais ne jamais continuer.

 


Les pentes des glaciers et des zones gelées peuvent s'avérer très fortes et provoquer des risques de glissades. La meilleure solution consistera à éviter ces zones mais si la traversée est inévitable mieux vaut s'encorder (le plus expérimenté fermera la marche car en cas de chute dans une crevasse, il sera le plus à même de vous en sortir), progressez lentement et vérifiez toutes les prises pour éviter la chute. Un des outils indispensable sur ces zones est le piolet. Il vous permettra de vous auto assurer ou de stopper une glissade si vous chutez. Dans un premier temps, prenez l’habitude de porter une paire de gants pour protéger vos mains, la glace et la neige très dures et coupantes peuvent vous blesser et vous obliger à lâcher vos prises, le conseil vaut aussi pour les autres terrains (pierres tranchantes, herbes coupantes …etc. Vous opterez alors pour une paire de gant en cuir légers. Les piolets sont constitués de deux parties un manche et une tête. Cette dernière est scindée par une lame et une ramasse. Pendant que vous grimpez, vous conserverez la panne en avant, cette position permettra de vous arrêter rapidement en cas de chute. D' autres préférons avancer la lame en avant car elle permet une plus grande stabilité mais dans cette configuration, il faudra être capable de faire pivoter la tête, rapidement en cas de chute.

L’auto-assurage

Cette technique de progression en assure une bonne stabilité. Les deux pieds solidement ancrés dans la neige, plantez le bâton du piolet bien droit et maintenez votre main en amont sur la tête du piolet. Faite un pas ou deux puis retirez et plantez le un peu plus haut. Pour que l’auto assurage soit efficace il fait que le bâton soit suffisamment enfoncé pour supporter votre poids.

Assurage au piolet

Au cours d’un déplacement sur zones enneigés une des principales difficultés est la quasi-absence de visibilité du terrain sur lequel on progresse, les différentes couches de neiges et de glaces peuvent à tout instant vous faire chuter. La bonne gestion de cette chute assura votre survie et celle de votre cordée. 


Prenez l'habitude de mettre le plus expérimenté en fin de cordée pour gérer et organiser le secours. D'autre part l'efficacité des techniques dépendra du temps de réaction, de la pente et de la qualité du terrain. Si la neige est dure la chute sera extrêmement rapide et brutale, et il sera très difficile de s'arrêter. Si au contraire la neige n'est pas compacte la meilleure façon reste d'utiliser les coudes et genoux car le piolet risque de ne pas pourvoir atteindre la partie dure. Lors d’une ascension vous pouvez opter pour une monter en diagonale, votre position d’équilibre est idéale quand votre pied à l’intérieur de la pente est au-dessus de votre pied à l’extérieur de la pente. Lorsque votre pied extérieur est devant, votre jambe est légèrement fléchie et vos muscles supportent la majeure partie du poids. L’ascension en diagonale se fait par séquence équilibre, déséquilibre. Si vous avez un bâton de marche placez le devant vous en appui et avancez. Votre pied extérieur sera devant, vous êtes en déséquilibre, ramener le pied intérieur en gardant toujours le bâton en appui sur l’intérieur de la pente et vous êtes en équilibre. Reproduisez la manœuvre jusqu’à la sortie de la côte et intégrer lorsque vous avez besoin le pas de récupération. 

 

 

 

 

 

Progression d’une pente en diagonale :

 

  • En position d’équilibre prenez appui sur le piolet,
  • Avancez votre pied en position de déséquilibre,

Ascension en ligne droite

Elle se pratique lorsque le groupe doit avancer rapidement au prix d’un effort parfois plus intense, si les conditions météo se dégradent rapidement par exemple. Trois techniques principales selon l’inclinaison de la pente. 

 

Le piolet ancre

Cette technique est utilisée lorsque la côte est plus raide. Elle est particulièrement efficace sur de la neige dure recouverte pas une couche plus tendre. Plantez le piolet horizontalement devant vous, la lame dans la neige et le manche perpendiculaire au corps. Hissez-vous en testant la résistance notamment lorsque vous portez un sac à dos.

piolet ancre

Piolet appui

Utilisez les deux mains pour planter le piolet et prenez appui sur lui pour arpenter la côte. Si la neige est molle, plantez plus en profondeur votre pointe en testant la résistance.

piolet appui

Le piolet canne

Il suffit de planter le piolet fermement avant chaque mouvement. Utilisez cette technique sur une pente faible. 

piolet canne

Le changement de direction

Plantez le piolet devant vous, votre pied amont devant le pied aval et faite un pas en avant pour vous retrouver face à la pente, les pieds écartés. Effectuez une rotation dans le nouveau sens de la marche.

changement de direction

En cas de chute

En cas de chute, maintenez fermement la tête pour fixer le piolet dans la neige et saisissez le manche de l’autre main. Il est primordial de le maintenir juste au-dessus de la surface de la neige pour freiner la chute par frottement et d’exercer une traction dans le sens opposé à la pente.

alpinisme piolet technique
alpinisme piolet technique

Le visage proche du sol et enfoncé dans vos épaules, les muscles de la nuque dans l’axe de la colonne assure une meilleure contraction de l’ensemble musculaire  

Votre poitrine et vos épaules sont en appuis sur le manche pour y transférer un maximum de force

Le torse doit être légèrement courbé, son poids doit être transférer en partie sur les genoux et sur les épaules, ce qui facilitera le freinage.

Les genoux légèrement fléchis pour ralentir la glissade sur neige molle et se stabiliser sur neige dure.

Les jambes légèrement écartées et la pointe des pieds enfoncées dans le sol. 

Très important:

Ne plantez jamais la pointe pour vous arrêter. La pression exercée sur le bâton sera toujours inférieure à celle sur la lame. 

alpinisme piolet technique
alpinisme piolet technique

Descente sur neige

Redescendre une piste face au dénivelé est bien souvent une réelle épreuve. La technique consiste à planter le piolet assez bas devant soi. De rabaisser son centre de gravité et d’ancrer les talons dans la neige. Cela va demander énormément d’effort sur les cuisses donc n’hésitez jamais à faire de pauses tous les trois ou quatre pas.

alpinisme piolet technique
alpinisme piolet technique

Les glissades

Elles demandent un niveau de maîtrise parfait sinon cela risque de finir très mal pour le débutant. Mais elles sont plus efficaces et plus rapides. Trois techniques : assises, accroupies ou debout.

Glissade assise

A utiliser sur de la neige molle, le dos droit, les genoux fléchis et les semelles à plat sur la neige. Maintenez le piolet comme sur le schéma, la pointe vous servira à diriger et contrôler la vitesse. Visualisez bien l’axe que vous voulez suivre et anticipez les obstacles car cette position ne vous permettra pas de le contourner. Il faudra alors s’arrêter, passer l’obstacle et recommencer la manœuvre.

alpinisme piolet technique glissade

Glissades debout

La position est identique au ski alpin. Les genoux légèrement fléchis et serrés, les bras à mi-corps pour chercher l’équilibre. Les pieds stabilisent la position en s’écartant ou se resserrant. Pour ralentir appuyez sur vos talons. Si vous avez un piolet, servez-vous de la pointe pour vous ralentir et attention à ne pas vous déséquilibrer et chuter lorsque la pointe touche le sol.

alpinisme piolet technique glissade

Glissade accroupie

Même technique que celle précédemment, mais avec le corps plus ramassé sur lui-même. Le piolet est dès le début dans la neige, ce qui donne un troisième appui mais avec l’inconvénient d’avoir une maîtrise des directions plus difficiles.

 

alpinisme piolet technique glissade

S’encorder sans baudrier

Les deux équipiers s’encordent à chaque extrémité de la corde. La distance d’encordement est ensuite réglée par des anneaux de bustes bloqués. Plus la probabilité de tomber dans une crevasse augmente, plus la distance d’encordement doit être importante. Chaque équipier doit conserver une réserve de corde suffisante pour la réalisation d’un mouflage. Réalisez des nœuds tous les 2m sur la corde (nœud de huit, queue de vache, papillon…). Le frottement des nœuds dans la neige et sur le bord de la lèvre de la crevasse participe au freinage de la chute. Gardez la corde tendue, les équipiers accordent leur progression pour garder la corde tendue, sans prendre d’anneaux à la main. Si la corde est détendue, la victime d’une chute prendra de la vitesse, son coéquipier ne pourra pas la stopper et risquera d’être entraîné dans la crevasse.

 

S’encorder avec baudrier

Les baudriers sont essentiels lors d’une ascension alpine planifiée. Si vous devez traverser un glacier, l’encordement est obligatoire à cause des crevasses cachées et plus généralement à chaque fois que la pente est enneigée. Sur un glacier, encordez-vous directement sur le baudrier avec un nœud de chaise ou un nœud de huit. Le second s'encorde à 6m de l'extrémité et range le surplus de corde dans le sac de manière accessible sans poser le sac.. La distance entre les deux alpinistes doit être de 15 m, le premier de cordée range le reste de la corde dans le sac. La progression s'effectue corde tendue, sans anneau à la main.

alpinisme piolet technique baudrier
alpinisme piolet technique baudrier

A trois ou plus

Sur des glaciers de difficultés moyennes encordez-vous par trois, il sera plus facile de stopper une chute. Il est recommandé aussi de progresser avec un minimum de deux cordées. La seconde pourra installer un ancrage en cas de chute d’un des membres de la première. Sur des glaciers plus techniques avec des pentes supérieures à 40° ou de grosses crevasses, l’encordement à deux est plus efficaces et notamment pour l’assurage. Mais la présence d’une deuxième cordée est encore plus importante.

 

Comme indiqué sur les croquis de la page précédente, la première règle est de toujours progresser en corde tendue pas complètement mais sans trop de mou, elle ne doit jamais toucher le sol. La seconde règle est de progresser perpendiculairement à la crevasse. Si vous progressez parallèlement, la chute sera nettement plus dangereuse et plus difficilement à stopper.

 

Glacier sans neige

L'encordement doit être court, deux mètres entre les alpinistes sont suffisant. Le premier de cordée conserve une dizaine de mètres de corde à la main en anneaux afin d’avoir du mou à disposition. En descente, la corde entre chaque compagnon doit toujours être tendue. Si la cordée doit se déplacer en traversée, tous les membres doivent se décaler en même temps afin de former toujours une ligne pratiquement perpendiculaire à la pente.

 

Les dangers des terrains d’hiver

Vous devez trouver en priorité une neige qui supporte votre poids, si elle est trop molle cherchez un passage plutôt à l’ombre et inversement si elle est trop dure. Si vous devez utiliser une corniche assurez-vous de la solidité et qu’elle puisse assurer le poids et le passage de toute la cordée. L’utilisation des couloirs en montagne peut être nécessaire pour accéder au sommet, vous serez vigilant au danger survenant d’en haut, les chutes de pierres ou de bloc de glaces, marchez plutôt contre la paroi et déplacez-vous si possible plutôt le matin ou le gel de la nuit maintient fermement le tout. Attention aux ruisseaux et sources prisonnières sous la glace. 

 

Les avalanches

Le phénomène les plus redoutable en terrains d’hivers est le risque d’avalanche car il peut survenir à tout moment et que nous y sommes totalement impuissant. Les avalanches n’ont rien de mystérieuses, on peut évaluer le risque à partir de critères d’observations du terrain, du manteau neigeux et enfin du temps.

 

Les avalanches se produisent la plupart du temps sur des pentes comprises entre 35 et 45 degrés, utilisez un inclinomètre pour connaitre l’inclination, ils sont présents sur la plupart des boussoles. Les pentes lisses droites et ouvertes lorsqu’elles sont convexes sont les plus dangereuses car le manteau neigeux est sous tension. Bien souvent le point de rupture se trouve juste en dessous de la zone convexe. L’orientation de la pente permet aussi d’évaluer un critère de risque dans l’hémisphère nord, les versants au sud reçoivent plus de soleil, ce qui a pour effet en hiver de stabiliser le manteau. Au printemps et en été les versants sont à l’inverse plus dangereux car la chaleur à tendance à liquéfier le manteau.

  

Les versants nord en hiver reçoivent peu de soleil et le manteau neigeux met plus de temps à se stabiliser et se compose souvent de fines couches. Au printemps et en été les versants nord sont les plus surs. Dans l’hémisphère sud le phénomène est inversé.

 

En synthèse

La pratique d’une activité en terrain froid ou d’hiver demande une préparation et une anticipation constante. 

  • Testez en permanence la qualité de la glace ou du manteau neigeux sur lequel vous progressez
  • Équipez-vous du matériel approprié à l’activité, ARVA, crampons piolet, pelles et sonde
  • Gardez votre piolet à portée de main
  • Portez toujours des gants et prenez des crampons même s’il fait chaud
  • Renseignez-vous toujours sur les conditions météorologiques et les bulletins d’avalanches

Nicolas MATHIEU, extrait du "Guide du voyageur autonome"

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