Carnet de rencontre du mois de mars 2016

Lisez l'interview de Gildas

Gildas, cela fait combien d’années maintenant que tu pratiques le bushcraft et la survie ?

Quand j'étais enfant, je passais des weekend entiers à m'amuser dans les bois et dans les falaises d' Etretat. J'avais besoin de cette proximité avec la nature. Je m'y sentais bien, heureux.  Je rêvais de Robinson Crusoé, de Rahan le fils des âges farouches et voulait à l'époque devenir paléontologue... Mais dans les années 80, les stages de survie n'étaient pas aussi développés...

 

En 2013, j'ai découvert que de nombreux stages étaient maintenant proposés. J'ai pris le premier qui se présentait et qui proposait en octobre 2013 une initiation de 3 jours dans une forêt de la région parisienne, sous la direction de Fred Cuvelier. En pleine nuit, seul (nous étions espacés de 700 mètres les uns des autres pour ce stage) sous la pluie et mon abri de fortune en branches et feuilles, j'ai eu un déclic ! Je me suis senti à ma place, véritablement bien et connecté à tout ce qui m'entourait. J'ai su que j'étais irrévocablement accro à ce moment là. Trois mois plus tard, j'étais en compagnie de Denis Tribaudeau, un autre expert de la survie pour un stage grand froid dans le Jura. Et en avril 2014, avec Lynx Vilden pour un stage "basic skills" dans le Périgord sur les pratiques paléolithiques. Depuis, je participe à 2-3 stages par an, avec différentes personnes, dans différents endroits.  

" Je fais en sorte d'être en phase avec le monde moderne et l'actualité mais également de conserver une grande part d'authenticité"


Tu te formes auprès des meilleurs professionnels, quel est le but ton entraînement ?

Et au final à quoi te servent tes aptitudes à vivre dans la nature sauvage ?

A l'approche de la quarantaine, j'ai ressenti un manque immense et je me suis demandé de quoi j'avais vraiment besoin. Parallèlement à ça, la grande tempête de 99, nous a montré à quel point nous étions dépendants de la société. Sans électricité, je devenais incapable de chauffer mon habitation, de préparer des plats chauds à ma famille, de m'éclairer convenablement, etc. Je me suis donc dit qu'il fallait récupérer les bases ancestrales perdues, tout en continuant de vivre de façon moderne. Je voulais être capable de subvenir à tous mes besoins et ceux de mes proches, quelle que soit la situation, extrême ou non.

 

Les stages survie et bushcraft permettent de rétablir ce lien et cet équilibre. Je fais en sorte d'être en phase avec le monde moderne et l'actualité mais également de conserver une grande part d'authenticité et de valeurs ancestrales : savoir faire du feu, travailler la pierre, le bois, les peaux, connaitre les plantes, les animaux et également l'esprit communautaire, vivre des rencontres avec des personnes incroyablement humaines et chaleureuses.

 

Etre bien dans un monde "civilisé" et dans la nature sauvage permet d'être bien partout et sans artifices. Je pense qu'il faut être moderne et primitif à la fois.  


Lynx Vilden dit : « Nous cherchons à vivre dans la nature sauvage, plutôt que d’y survivre », toi qui a suivi ses enseignements qu’en penses-tu ?

La rencontre avec Lynx Vilden a été incroyable. Cette femme qui vit depuis plus de 20 ans dans un mode paléo a bouleversé énormément de choses en moi. Il est impossible de résumer en quelques mots les expériences que l'on peut vivre en sa présence mais il ne se passe pas une seule journée sans que j'y repense. La nature n'a rien de sauvage. Elle est la nature. Point final. Apprendre des rudiments de vie, de chasse, de cueillette, d'élaboration d'outils en pierre taillées ou en bois, permet de s'y sentir serein.

 

 

Au delà des préceptes liés à la survie, les stages m'ont permis aussi de me réconcilier avec les êtres humains. Dans nos sociétés, l'individu disparaît totalement. On côtoie des êtres stressés, imbus d'eux-mêmes, profondément anxieux et toxiques, parfois très méchants et qui ne respectent pas grand chose. Dans ces stages, personne ne peut se cacher derrière une attitude. La vraie personnalité ressort très vite. Les gens s'ouvrent, se dévoilent et redeviennent eux-mêmes "natures". Quelque soit sa personnalité, chacun a une place au sein de ces petites "tribus" qui se forment temporairement. On a alors qu'une seule envie, c'est de très vite les revoir et de revivre ces moments de complicité et d'harmonie.   

Comme beaucoup de personnes, tu as des obligations professionnelles, une vie familiale et sociale, qu’est-ce que tu aimerais dire à ceux et à celles qui n’ont pas encore tenté l’expérience ?

 

Dépêchez-vous ! Ne ratez pas ces occasions et tentez l'expérience ! Passées l'excitation et l'adrénaline du dépassement de soi, vous allez ressentir une chaleur qui ne vous quittera plus jamais. La chaleur d'une harmonie retrouvée avec vous même, la nature et les hommes. Cela fait un peu pompeux et solennel, mais c'est vrai et putain ce que c'est bon ! 


Articles associés


guide du voyageur autonome
guide du voyageur autonome
guide du voyageur autonome

Écrire commentaire

Commentaires: 0