Introduction aux premiers secours et rudiments de soins

Survie et gestion du stress

Dans ce premier article consacré à cette longue section, nous aborderons les bases de bon sens à utiliser lors d'une situation qui demanderait une intervention médicale. Cette section débute par des principes de "survie" intéressants à connaitre et terminera par des techniques de secourismes qui feront l'objet d'autres articles!

 

Le stress d'une situation, la fatigue d'une longue étape, les doutes sont de nombreux facteurs nous influençant lors de prises de décisions. Ces émotions naturelles et normales sont si puissantes quelle peuvent transformer ou annihiler n'importe quelle personne expérimentée en novice indécise et inefficace. Vous devez donc apprendre à maîtriser vos émotions. Nous verrons dans la première partie de cet article quelles sont les pistes pour anticiper nos réactions comportementales à risques et comment les contenir.

 

Pour débuter, il est intéressant de reprendre les préceptes de base de Ron Hood un instructeur de survie qui publia plusieurs ouvrages sur le sujet. Cette règle à l’appellation mnémotechnique de « Règle des trois » énonce les limites du corps et de l’esprit, même si elle n’est pas exhaustive et qu’il ne faut prendre le chiffre trois au pied de la lettre, elle permet d’établir un cadre dans notre recherche de préservation et de pouvoir se le rappeler à chaque instant.

 


Règle des trois de Ron Hood

Trois secondes d’inattention

Elle est certainement la plus importante des règles afin d’éviter d’être face à une situation critique. Un seul et tout petit instant d’inattention dans vos déplacements, un simple manque de vigilance dans vos choix et vos décisions peut-être le commencement d’un enchaînement de situations catastrophiques et déboucher sur le pire. 

 

Trois jours sans boire

On considère que les besoins d’un adulte se situent entre 1,5 et 2 litres d’eau par jours, cette quantité est nécessaire à un organisme non soumis à l’effort pour assurer le fonctionnement du cœur, du cerveau, de la digestion, de la thermorégulation et de la fluidité du sang. Physiologiquement nous ne pourrions survivre au-delà de 7 jours sans eau, le troisième étant généralement la limite sans complications sérieuses.

 

Trois semaines sans se nourrir

Il est difficile de déterminer une durée maximum de privation de nourriture, certains exemples portent la durée à une quarantaine de jours, parfois même à plus de 60 jours. La norme de 3 semaines reste cohérente au regard de la résistance d’un individu normal.

 

survie

Trois mois sans contact

Nous sommes des êtres sociaux, sans contacts ou quelques formes d’échanges avec l’autre, le risque de déshérence mentale ou de trouble de la personnalité affectera votre comportement. Cela se traduira par des sensations dépressives ou suicidaires, des comportements totalement désinhibés pouvant entraîner des blessures et des risques inutiles. 

Trois minutes sans air

La fonction respiratoire est une des détresses vitales à identifier urgemment. Le manque d’oxygénation dans notre organisme que ce soit dans le cœur, le sang ou le cerveau altérera leurs fonctionnements pouvant entraîner la mort. Cette privation peut-être le résultat d’un malaise, d’une chute, d’un quelconque étouffement ou d’une blessure ouvertes. Les méthodes de recherches et les actions à mener seront expliquées dans le chapitre relatif au secourisme. 

 

Trois heures sans protection

Chez un individu en pleine santé, la chaleur corporelle se situe en moyenne entre 37 et 37,5 °C. Ces bornes sont maintenues par un mécanisme physiologique qui consiste à équilibrer la production de chaleur et son évacuation, c’est que l’on appelle la thermorégulation. Pour des raisons externes à l’organisme comme des conditions climatiques épouvantables ou internes dans des situations d’hyperthermie ou d’hypothermie, la thermorégulation peut varier hors de sa moyenne. On considère médicalement que les bornes vitales se situent entre 32 et 41.5 C°. La déperdition de chaleur corporelle est de 30 % par le torse, 20% par la tête, 20% par le cou et de 10% par les bras, les aisselles et les jambes. 


S.U.R.V.I.E

Nous parlons souvent de survie en termes de compétences et techniques de l’extrême, une image parfois racoleuse largement alimentée par les médias. Cependant les techniques de survie lorsqu’on les analyses découlent bien souvent du bon sens et ne sont pas réservées aux aventuriers de l’extrême, mais dans la grande majorité des cas, aux simples voyageurs soucieux de se préserver. Comment pourrait-on alors la définir ?

 

Sécurité et bon sens

Il y’aura toujours des événements inattendus et soudain entraînant des situations à risques, un changement brutal de condition climatique, l’impraticabilité du terrain, la présence d’animaux sauvages menaçants, la liste des dangers et des périls peut être longue. Mais dans la plupart des cas, la mise en état de survie est issue d’un manque de vigilance ou d’un mauvais jugement. Evaluez toujours objectivement la situation de ce que vous allez entreprendre. Avant de traverser un pierrier, avez-vous pris en considération sa stabilité, votre poids avec le sac à dos, votre condition physique ?

 

Avez-vous vérifié le courant et la profondeur de la rivière avant de la traverser ? Un simple questionnement et du bon sens vous éviterons bien des malheurs. Une réaction hâtive sous l’emprise de la peur ou de la panique peut vous mener à l’accident fatal. Prenez conscience de votre environnement, de ses avantages, de ses inconvénients et de ses ressources. Planifiez vos actions avec la certitude de pouvoir les mener à bien. 

Utilisation des ressources

Dans une situation ou la survie est engagée, la première action à entreprendre sera l’inventaire des ressources disponibles. Rappelez-vous deux grands principes : Restez sur place en attendant les secours car vous avez forcement avertis un proche ou des autorités locales du lieu et de la durée de votre activité; Mettez en place le triptyque de base de la survie. Vous ferez l’inventaire dans votre équipement de tout ce qui peut être utile pour réaliser le triptyque et qu’elle utilisation vous pouvez en faire en détournant parfois leur premières utilités. Examinez votre corps, soignez vos blessures, veillez à prévenir tout traumatisme physique supplémentaire. Une fois cette étape exécutée passez à la suivante. 

survie

Reconnaissance

Dans la plupart des cas s’il n’y a pas de dangers réels et immédiats sur votre zone, vous serez dans l’attente des secours. Cependant le délai d’intervention peut-être relativement long et vous devez être en capacité de vous préserver pendant plusieurs jours. Votre esprit aiguisé, vos ressources ordonnancées, vous pouvez débuter l’exploration des alentours de votre campement dans un périmètre définit. Déterminez la zone en fonction de votre état physique, des conditions climatiques et du danger environnant. Cette exploration vous permettra peut-être de trouver un campement plus confortable, un point d’eau, des baies, etc.

 

 

A contrario, n’essayez pas à n’importe quel prix de trouver un chemin, c’est le meilleur moyen de se perdre ! Soyez très attentif à votre position et à votre direction, marquez-les d’une flèche sur un arbre ou par des cailloux sur le sol. Vous retrouverez non seulement votre chemin plus facilement mais vous donnerez également des indices au secours qui vous recherche.

Volonté

Le stress peut être stimulant pour certaines personnes mais lorsqu’il se produit sur une longue durée ou de manière brutale, il entraîne des dégâts sur nos fonctions physiques et mentales. Nous sommes un ensemble interdépendant constitué d’un corps et d’un psychisme s’influençant en permanence pour mieux reporter les maux de l’un sur l’autre. Comprendre ce phénomène est déjà agir sur sa volonté. Il s’agira d’accepter que des sentiments comme la peur, l’impuissance et la panique puissent nous envahir non pas parce que l’on est faible ou inapte mais tout simplement parce que nous sommes physiologiquement programmés pour les éprouver.

 

Interrogation et Introspection

Si nous sommes programmés à subir notre stress, nous possédons également une capacité propre à notre espèce, la maîtrise de soi par le contrôle de ses émotions. Afin d’amorcer ce processus et reprendre le contrôle de vos émotions, commencez par une série de questionnement sur vous et sur votre environnement. Le but visé est de chercher au fond de vous, la volonté, la force et le courage pour non seulement récupérer tous vos moyens physiques et mentaux mais aussi de pouvoir agir sur votre environnement.

 

Enseignement et Expérience

Vous ne pouvez pas vous lancer dans une activité, sans un minimum de compétences liées à cette dernière, faire autrement serait inconscient pour vous et pour votre équipe. Il est de votre responsabilité de savoir-faire !

 

La psychologie du stress

Après la seconde guerre mondiale, le docteur Hans SEYLE conceptualisa le modèle du stress en décrivant un processus biologique et physiologique tout à fait normal. Ce processus appelé le SGA, syndrome général d’adaptation interroge la capacité d’un individu à s’adapter à de nouvelles situations qui lui sont imposées. Il est décomposé en trois en phases, Une phase d’alerte, une phase de résistance et une phase d’épuisement.

 

Quarante ans plus tard Lazarus et Folkman, se basant sur les travaux de leurs prédécesseurs complémentent la définition ainsi « il s’agirait d’une interaction entre un individu et son environnement dans laquelle la situation subie est évaluée comme nettement supérieure aux ressources présupposées de cet individu pouvant engager son pronostic vital ou son bien-être ». De cette hypothèse on peut implicitement en conclure que cet individu sera capable de limiter l’impact des facteurs stressants par des stratégies cognitives, émotionnelles et comportementales.

 

Dans toute situation de crise, les études démontrent deux éléments capitaux, non seulement nos réactions sont inévitables et le savoir peut permettre de les anticiper et d’autre part l’état d’esprit de la ou des personnes en cause est vital. L’essentiel reste d’avoir la volonté de survivre. Sans celles-ci, les compétences acquises ne servent pas et d’inestimables connaissances sont gaspillées.

 

Cependant n’oublions pas malgré tout que nous avons besoin de stress, car il permet de mieux connaître nos valeurs et nos forces, révéler notre capacité d’adaptation et incite à nous dépasser. Il a tout simplement permis à notre espèce d’évoluer en obligeant les individus à trouver des solutions à chaque problèmes, Il faut donc rechercher le stress, mais dans les limites du raisonnable. Trop de stress conduit à la détresse et la détresse engendre un déclin physiologique et mental. 

 

stress

La liste ci-dessous énonce un certain nombre d’effets négatifs engendrés par le stress. 

  • Indécision, Négligence
  • Perte de mémoire
  • Pensées morbides
  • Attitude de retrait
  • Accès de colère
  • Manque d’énergie
  • Propension à l’erreur
  • Difficulté avec autrui
  • Fuite des responsabilités 

Phase d' alerte

1. La phase d’alerte est l’ensemble des réactions dues à l’exposition du stresseur. Elle se divise entre un état de choc « l’effet de surprise de l’agression et un contre choc développant des symptômes de tachycardie, d’hypothermie ou d’hyperthermie…

 

Phase de résistance

2. Une phase de résistance où l’organisme rassemble ses forces physiologiques afin de s’adapter à la réaction d’alarme. Si l’exposition au stresseur se prolonge, les manifestations du contre choc s’atténuent car l’organisme s’habitue à l’environnement stressant

 

Phase d'épuisement

3. La phase d’épuisement est définie par Seyle comme l’amenuisement des défenses de l’organisme cessant de s’adapter aux stimuli nocifs auquel il est soumis. L’organisme s’affaiblit et peut conduire à la mort 

 

Nicolas MATHIEU, extrait du "Guide du voyageur autonome"

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