Communiquer avec les autres

Établir un dialogue

Le voyage autonome et vos activités vous amèneront à rencontrer d’autres populations, elles pourront être de nationalités, de cultures ou de religions diverses. Cette notion de différence sera parfois identifiable par le dialecte ou l’habillement mais aussi indétectable aux premiers contacts lorsqu’il s’agira d’us et de coutumes. Il vous est alors conseillé de se renseigner avant le départ sur le type de population que vous pouvez rencontrer, sont-ils hostiles ou accueillants à l’étranger, quelles sont leurs traditions et leur alimentation, etc., le savoir permettra de vous adapter afin d’établir un climat favorable au dialogue.

 


Il n’est pas facile de communiquer avec les populations locales car d’une région à l’autre, même s’il elles sont très proches géographiquement, les mentalités ou les coutumes peuvent êtres très différentes, voir totalement opposées et cela même si au premier abord elles semblent identiques. L’ensemble des comportements d’une communauté jugés comme acceptables et convenables par vos hôtes ne le seront pas forcement pour vous. Restez discret sur vos valeurs politiques, religieuses ou morales, il faut à tout moment vous attendre à ce qu’il est de l’aversion ou de la méfiance envers vous. Évitez de vous faire remarquer en dégradant l’environnement, nettoyez et ne laissez aucune traces de votre passage, d’autre part si vous remarquez des traces d’activités humaines, comme des symboles, autels ou idoles, éloignez-vous, il peut s’agir d’un lieu sacré ou cérémonial et vous prenez le risque de ne pas y être le bienvenue sans y avoir été invité.

 

Des connaissances générales sur leurs habitudes vous seront utiles pour établir un début de relation, si vous jugez qu’ils sont sociables, montrez-vous et laissez les faire le premier contact. Vous avez tout intérêt à établir un dialogue car non seulement ils pourront vous apporter ravitaillements et renseignements précieux sur la région, les endroits potentiellement dangereux ou au contraire ceux qui vous faciliteront la tâche. Afin de faciliter votre approche, restez courtois et toujours très patient. Chez les populations reculées, les gens sont plus timides et plus recentrées sur eux même, allez y lentement et sans précipitation. 

Que faut-il faire pour se comprendre ? 

Ce qui nous semble évidement lorsque nous pensons communication est la simple faculté de parler et comprendre la langue de son interlocuteur. Mais traduire simplement les mots ne suffit pas, leurs associations ne véhiculent pas forcément les mêmes idées d’une culture à l’autre. Parlez la même langue n’est pas synonyme d’un langage audible et surtout compréhensible pour les interlocuteurs. La communication interculturelle est un atout majeur dans le parler à l’autre car elle associera le langage verbal (les mots), le non verbal (comportement) mais aussi les valeurs culturelles qui sont à la base des deux précédents. L’ensemble de ses filtres constitueront un dialogue compréhensible et perceptible par son interlocuteur qui évaluera son degré de réponse. On utilise souvent les termes de visible et non visible pour exprimer les fondements d’un individu. Dans la partie visible se situent les coutumes, sa langue, son comportement, sa nourriture etc. Tous ces éléments vous donneront une première idée du personnage. Cependant ces messages visuels ne transmettent que 20 % du fondement de la personne car ils sont appuyés sur des bases plus profondes et enracinés issues de valeurs anciennes comme les croyances et l’éducation. 

Variables culturelles de Hofstede

Mais avant d’étudier les autres, que savons-nous de nous-mêmes dans nos façons de communiquer ? Bien que la France possède des cultures multiples, elle n’est pour autant multiculturelle. Les politiques menées depuis de nombreuses années ont toujours été plutôt assimilationniste et nous sommes loin d’être les seuls. De cette culture nous avons peut être gardé l’habitude d’imposer à notre interlocuteur nos propres schémas de communications et d’abuser de nos premiers contacts pour établir une cartographie de l’intellect ou de la personnalité de l’autre alors qu’il suffirait plutôt rechercher en tâtonnant des affinités. Cette recherche de rivalité intellectuelle pose le cadre d’un rapport soumission/domination très néfaste dans le prélude d’un dialogue et peut provoquer un manque d’intérêt dans la demande que nous formulons ou du mépris si le but est d’instaurer une estime réciproque. Nous avons la réputation de manquer d’humilité dans notre approche, ceci reste une constante auquel il faudra veiller avec des cultures totalement différentes.

 

La gestion de l’espace 

Il s’agit d’une dimension cachée appelée « proxemie » qu’une personne maintient entre lui et les autres ou qu’il construit autour de lui. Cette zone dans laquelle nous ne pouvons pas pénétrer sans invitation diffère selon les populations. L’anthropologue Edward Twitchell Hall détermine quatre niveaux de proximité

  • Intime : 15 à 45 cm

Distance réservée au contact intime avec son partenaire amoureux et ses enfants.

  • Personnelle : 45 à 125 cm

Zone : limites de non contact physique direct. Elle marque l’affectivité et la proximité quotidienne des individus dans leur vie publique.

  • Sociale : 1,25 m à 3,60 m

Relations interpersonnelles directes. Au-delà tout contact physique direct, jusqu ’aux limites de portée de la voix sans effort.

  • Publique : plus de 3,60m

 La prise de parole est hiérarchisée. Les intervenants ont un statut d’orateur face à un public.

Selon la zone de de votre activité cette distance sera variable. Le scientifique constate que dans les pays latin les distances entre les corps sont relativement courtes. En Afrique elles sont souvent si réduites que le contact physique est fréquent. À l'inverse, dans les pays nordiques ou au Japon les contacts physiques sont plus rares et les distances plus importantes. 

 


Précautions pour une femme lors d'un voyage autonome

Ce n’est pas misogyne d’affirmer que les femmes doivent porter une attention supplémentaire à leur style de communication, c’est encore une fâcheuse réalité ! La règle absolue que vous devez respecter est la collecte d’un maximum d’informations avant le départ sur la culture, les coutumes des pays et sur le rôle qu'elles y jouent, Est-ce une société du type « masculin ou féminin », qu’elles sont leur condition et leur rang dans la société, les croyances locales ou la religion dominante et vous finirez par le style vestimentaire. D’une manière globale mieux vaut éviter les marques de féminité cela évitera d’attirer l’attention, cheveux attachés ou sous un chapeau, vêtements amples et sobres, Sortez de votre sac, les shorts moulants et autres T-shirt mettant en valeur un bout de votre peau. Ce qui parait banal pour les hommes de votre entourage peut être une invitation ou une curiosité pour les autres. Votre attitude doit être force de dissuasion soyez sure de vous et évitez de montrer votre crainte, n’hésitez pas à parler très fort pour qu’un maximum de personnes comprennes que vous êtes importunée. Une astuce, lorsque vous êtes sur la zone d’activité, n’hésitez pas à faire un détour sur les marchés locaux, vous trouverez un maximum d’informations sur le comportement des femmes. 

 

Le troc en zone rurale

 

  

L’échange de denrées aura bien souvent un fort impact sur l’instauration d’une relation d’entraide ou de confiance. Le sel, le riz, le tabac, les allumettes, des vêtements et mêmes des récipients vides peuvent avoir autant de valeurs que de l’argent pour ces populations vivants à des heures d’un centre villes. Avant de traverser une contrée reculée, si vous vous trouvez dans un centre-ville, arrêtez-vous et provisionnez quelques denrées de ce type, les renseignements sont toujours plus faciles à obtenir avec un cadeau à la clé. Attention tout de même à ne pas être à l’inverse dans une générosité excessive, surpayer peut être offensant, louche ou même dangereux. Lorsqu’un local vous offre quelque chose, offrez-lui en retour un objet, s’il prend le présent vous ne lui serez pas redevable, s’il refuse après s’être assuré qu’il ne s’agit pas de politesse, n’insistez pas vous risquerez de l’offenser.

Les derniers conseils !

Faites vos débuts dans l’apprentissage de la langue locale, c’est une marque d’intérêt très appréciée. Dans le cas ou ni l’anglais, ni l’espagnol n’est compris, il vous reste la solution de dessiner sur un carnet ce dont vous avez besoin, hébergement, nourriture, voir travail ponctuel. Une présentation de vous-même, votre pays d’origine avec une tour Effel, un personnage entourée de sa famille proche, montrez que vous êtes comme eux aide à débuter un dialogue.

 

Nicolas MATHIEU, Extrait du Guide du voyageur autonome

Articles associés


S.U.R.V.I.E et gestion du stress
La trousse de secours

Écrire commentaire

Commentaires : 0